Notre héros du jour a toujours fait partie du paysage de la faune européenne, mais il est si rare de le croiser en plein jour et son comportement est tellement discret que l'on trouve finalement peu d'informations sur lui au cours de l'histoire. Il faut dire qu'il passe la majorité de son temps sous terre. Dans les textes anciens, on peut parfois le voir comparé à d'autres animaux des bois et forêts, dont il partage certaines caractéristiques. On le surnomme le petit ours des campagnes, à cause de sa silhouette rondouillarde. Il est également doté de puissantes griffes qui rappellent celles de l'ours, ou bien de la taupe qui est, elle aussi, une sacrée ingénieure des sols !
En moyenne, un terrier compte une dizaine d'entrées, mais en Angleterre, où les blaireaux sont plus nombreux qu'en France, des naturalistes ont déjà observé des terriers qui comportaient plus de cent entrées différentes ! Mais toutes ne sont pas utilisées en même temps. Certaines s'abîment, se bouchent ou ne servent qu'en sortie de secours. Notre blaireau rénove, entretient, et creuse toujours de nouvelles annexes à sa demeure. Il modèle le sol et déplace des tonnes de terre lors de ses aménagements. Et tout ça, sans pelleteuse ! Comme il est du genre casanier, c'est facile de le trouver : il habite toujours au même endroit. Et ce, pendant plusieurs générations, soit parfois pendant plusieurs centaines d'années. De vrais châtelains à travers les âges et les époques, nos blaireaux !