À en croire mes résultats scolaires et mes ébats primaires, je ne suis ni intellectuellement bête ni physiquement repoussant, mais je n’ai pas envie d’être gentil. Flic à la rigueur, même si je déteste ce boulot. Il me permet au moins de vivre. Mais seul et antipathique, c’est plus difficile à gérer. La solitude est-elle la cause de l’antipathie ou sa conséquence ? Une célèbre et sempiternelle théorie de basse-cour. Mais si j’écrasais dans l’œuf cette noirceur avant qu’elle ne remonte à la surface, je me trouverais peut-être une petite poule. Ce qui m’éviterait de réfléchir à ma vie, comme en ce moment, les yeux dans le vague, assis à mon bureau.