En ces années vingt, les rues de Lodz semblent surgir du siècle précédent mais aussi d'un livre ancien fait de contes étranges, d'un monde grouillant de personnages aussi merveilleux qu'effrayants, un monde dangereux où les voleurs rusés et les belles prostituées surgissent à chaque coin de rue, où les hommes vivent avec les bêtes dans des rues labyrinthiques, où les filles de rabbins veulent étudier la médecine et leurs amoureux éconduits prendre des revanches sur la vie, où les carpes vivantes baignent dans des bassines, se mettant soudain à parler comme dans les légendes yiddish, où l'on chuchote des histoires de miroirs noirs, où l'on mange dans la rue des petits pains frais beurrés au fromage blanc.