Un faible déplacement de l’air chaud, trop ténu pour être qualifié de brise, apporta les odeurs de la rue alentour, les unes agréables, les autres assez répugnantes pour l’inciter à retenir sa respiration pendant quelques pas. Elle se souvint de la légère brise qui l’avait accompagnée lors de son trajet décisif jusqu’à la maison de la famille Lee, deux ans auparavant. Alors qu’elle passait près d’un étal de durians, elle fronça le nez. Les énormes fruits verts hérissés avaient peut-être un goût délicieux, mais ils sentaient si mauvais qu’elle n’avait jamais pu se résoudre à essayer d’en manger. Les membres de la famille Lee se moquaient de son aversion, mais avec gentillesse. Dès qu’elle avait prouvé sa diligence au travail, ils l’avaient acceptée comme une des leurs et s’étaient montrés très bienveillants.