Le Saint-Wandrille subissait un sacré coup de chien. Pris dans la tempête dès sa sortie du Havre, le lourd cargo avait été secoué jusque sur les côtes d'Amérique et personne ne se souvenait à bord d'avoir jamais fait pareille traversée. Et maintenant que l'on descendait droit dans le Sud depuis trois jours, le cargo embarquait des paquets d'eau à chaque vague de fond qui, le prenant par l'arrière, le soulevait, le freinait, le faisait rouler bord sur bord comme si chacune de ces vagues monstrueuses allait le tordre avant de le laisser couler sur place. On était à la hauteur des côtes de la Floride mais l'on n'avançait pas, et tout le monde était impatient d'être rendu à La Havane, car tout le monde était fourbu.