Heureux sont les morts, ne les plains pas, car si leur vie est achevée, leur tâche l'est aussi, et désirs et douleurs ne les tourmentent plus ; jamais, sur leur couche terrestre, ils ne connurent ce profond sommeil sans rêve qu'est le leur dans les tombeaux creusés sur la rive inconnue dont les ténèbres et le silence scellent les portes ; détourne d'eux ta tête penchée et plains le mort vivant (dont l'âme s'est enfuie), déserté par la vie, dédaigné par la mort, lui pour qui le Ciel est vide au-delà des nuées, lui que jamais n'illumine une lueur d'espoir, lui, la proie de ce ver qui le ronge, de la mort inexorable, des ténèbres de la tombe.