Le paysage ici s'accorde avec mon âme : solitude où le vent s'engouffre en gémissant, grands horizons peuplés d'oiseaux qui sur les lames planent, et puis posent leurs ailes doucement… J'ai fui la ville impure et ses mornes tapages. Je suis lasse des chants de l'homme et de ses cris. Ouvrez-vous devant moi, chemins nus du rivage où je viens pour un jour me creuser un abri. Ici je n'entendrai que la mer et sa plainte ; je ne comprendrai pas sa voix ni ses sanglots ; mais sur le sable où ne demeure aucune empreinte mon corps pourra s'étendre et poser son fardeau. Tout sera neuf comme aux premiers jours de la terre ; tout sera pur comme l'air libre et l'Océan ; et mon esprit, mystère au milieu des mystères, ne sera plus qu'un souffle épars dans le grand vent.