Les abeilles se pillent les unes les autres en temps de disette. Le manque d'occupation, chez les abeilles comme chez les humains, engendre le vice. Elles sont cependant beaucoup plus excusables que les fripons paresseux de la race humaine, car elles cherchent rarement à vivre de douceurs volées, quand elles peuvent se les procurer par un travail honnête. Aussitôt qu'elles sortent de leurs ruches au printemps, elles commencent à attaquer les colonies les plus faibles. La moralité de nos petites amies semble être, sous ce rapport, tout à fait en défaut, car les colonies qui sont le mieux approvisionnées sont celles qui, agissant comme certains richards, sont le plus anxieuses de dévorer la maigre provision des autres.