Un rapport de femme à femme, ni fille ni mère, égalitaire. Le mot était dans le dictionnaire et il y a dormi des siècles, il a fallu attendre le mouvement féministe des années mille-neuf-cent-soixante-dix pour qu'il soit usité. Ce qui n'est pas nommé n'existe pas. La possibilité d'une communauté de femmes, parfaitement autonomes et totalement unies, n'était pas bienvenue. Il faut mesurer la dangerosité du concept : par la sororité surgit l'indépendance, voire l'autogestion. Le système dominant n'a aucun intérêt à être perturbé par un contre-pouvoir. Longtemps on a pu croire que le mot fraternité n'avait pas d'équivalent féminin. Les années mille-neuf-cent-soixante-dix ont vu le mot revenir, sororité s'inscrire, puis lentement s'effacer. Le mot ne s'est pas imposé… Difficile de faire preuve d'un esprit sororal quand l'objectif ultime est de devenir la cheffe.