Colette était faite pour la vie, pour le rire ; le deuil lui seyait mal. Il lui gonflait les yeux, ces yeux qu'elle avait admirables, et lui brouillait le teint. Elle le savait et elle n'aimait pas ça. À ses proches effrayés par sa mine, elle répondait par des plaisanteries qui les auraient choqués s'ils n'avaient deviné que c'étaient son courage et sa pudeur qui se manifestaient ainsi. Son chagrin était bien réel et profond, mais quoi, on peut souffrir vraiment et enterrer son mari avec humour. Et puis c'était encore une manière de rendre hommage à André, de rester fidèle à la complicité qui les avait unis. Ils avaient tant ri ensemble, au long de leurs douze années de vie commune !