Passé la saison des pluies, jungle et forêt étaient en proie à une débauche de verdure étoilée de myriades de fleurs tropicales, et animées par le vacarme et les éclatantes couleurs d'oiseaux sans nombre, criaillant, se pourchassant, chassant et s'enfuyant, animées par de bavards petits singes et de bourdonnants insectes apparemment tous occupés à tourner en rond pour n'aller nulle part, fort semblables en cela à leurs infortunés cousins, habitants de déplaisantes jungles de briques, de marbre et de ciment. Cadré dans ce tableau primitif aussi bien que les arbres eux-mêmes, le Seigneur de la Jungle regagnait sa case, affalé sur le dos de Tantor l'éléphant, paressant sous la lumière diaprée de la jungle à l'heure méridienne. Oublieux apparemment de ses alentours, l'homme-singe n'en conservait pas moins tous ses sens en alerte, à l'affût de tout ce qui se passait autour de lui.