Mireille semblait un bel ange qui, les mains jointes, adore Dieu dans ses œuvres. Elle avait un enthousiasme sans bornes pour la nature, comme si ses beaux yeux, striés d'or, s'étaient ouverts, ainsi que deux fleurs sombres, à l'ombre des bois murmurants. Toute petite, alors que la roulotte de Marcello s'arrêtait en pleine campagne, l'enfant s'en élançait pour aller cueillir toutes les fleurs qu'elle rencontrait sur son chemin. Lorsque ses petits pieds étaient las, elle s'asseyait dans l'herbe, sous l'ombrage d'un arbre ou d'une haie fleurie, et elle observait, dans un ravissement qui lui paraissait exquis, toutes les délicates merveilles qui l'entouraient.