L'Iran d'alors était pittoresque à cause de cette vie de la rue, et il serait bien dommage qu'elle disparaisse tout à fait. Les marchands ambulants vantaient leurs produits en chantant ; à travers eux, on sentait venir les saisons. L'hiver, c'étaient les betteraves (un peu comme les marrons chauds à Paris) ; au printemps, ces plateaux de légumes frais, de radis, de menthe, que les Iraniens mêlent à tous leurs aliments ; puis arrivaient les premiers fruits, les premières fraises, les premières oranges, les premiers concombres. Chacun racontait et chacun chantait ce qu'il avait à vendre ; chaque légume avait sa chanson particulière, c'était tout un répertoire. L'été, on allait en voiture à Shemiran déguster du maïs grillé et des kebabs.