Il était près de minuit et je ne dormais toujours pas. La lune éclairait faiblement la bibliothèque à travers les rainures des volets usés par les années et les intempéries. Les mains derrière la tête, je fixais le plafond en attendant que le sommeil vienne enfin me gagner. Je ne dormais pas très bien ces derniers temps, seulement ça n'intéressait personne. Le décès de mon oncle en était sûrement à l'origine, mais je préférais garder cela pour moi. De toute façon, les membres de la famille vivaient repliés sur eux-mêmes en ce moment. Ils n'avaient que faire des jérémiades d'Edgar Nelson. Je soupirai un grand coup et me tournai en cherchant du réconfort auprès du polochon. J'en éprouvai le moelleux en donnant deux tapes énergiques dessus et calai ma tête le mieux que je pus. La maisonnée était plongée dans un silence absolu.