Le printemps avait tout refleuri et reverdi : les saules, les peupliers qui bordaient l'étang, là-bas, les poiriers et les pommiers épars sur les coteaux, les aulnes luisants dont la ligne sinueuse dessinait la fuite du ruisseau. Les chênes et les châtaigniers eux-mêmes, quoique plus paresseux, se décidaient, ceux-ci à laisser éclater leurs gros bourgeons vernissés, ceux-là à revêtir leur parure de feuilles menues encore, transparentes, d'un vert tendre et doré. Et que de chants d'oiseaux : appels lointains et moelleux du coucou dans le bois de Roupeyrac qui barrait l'horizon, délicieuses cacophonies montant des jardins en fleurs chéris des chardonnerets et des pinsons, des haies où rossignols et fauvettes s'égosillaient, des gros arbres moussus où sacraient et miaulaient les geais, où riait le pivert, où la mésange serrurier limait sans relâche, tandis que, là-haut, dans un azur doux et fraîchement lavé, l'alouette s'élevait, tirelirant.