Je suis au bord de ce plaisir que je vais connaître une fois encore : monter en voiture un matin, rouler sur une route familière, sachant que je ne m'arrêterai pas avant d'avoir atteint le seuil d'une certaine cuisine… Je l'ai dans l'esprit, cette cuisine, telle qu'elle est depuis mon enfance, j'en respire l'odeur délicieuse. Nous ne sommes jamais entrés dans la maison que par elle. C'est l'endroit le plus humain, moins peut-être à cause du feu sacré de l'âtre et des flambées de sarments qui, à l'heure de la grillade, s'embrasent, qu'à cause de tant de pauvres femmes qui, depuis cent-vingt ans, s'y sont affairées.