Le constat de démocraties chez des espèces variées est relativement récent. Pour les éthologues, elles sont actuellement plus d'une dizaine chez qui ce système fonctionne de manière élaborée, notamment chez les cerfs, les éléphants, les orques et certains poissons. Pour résumer, dans le monde animal, le leader est rarement seul au pouvoir ; s'il veut le conserver, il est obligé de le partager. À relever par ailleurs : la démocratie semble être victime d'une crise de confiance parmi les Français. Une enquête Ipsos du vingt-trois octobre deux-mille-vingt-quatre, commandée par le Cese, nous apprend que 23 % d'entre eux ne sont pas convaincus que la démocratie soit le meilleur système existant…
Emma Baus, réalisatrice et autrice du documentaire Démocraties animales pour Arte, dit avoir été fascinée par la qualité du « processus démocratique » à l'œuvre dans certaines espèces animales. Elle a notamment étudié les bisons, qui prennent les décisions à la majorité des deux tiers. Quand un bison veut aller dans une direction, il se place de façon à indiquer celle-ci. Ceux qui veulent le suivre s'alignent alors derrière lui. Si un autre individu a un avis divergent, il fait de même. Le départ a alors lieu derrière celui qui a réussi à rallier le plus grand nombre. Emma Baus raconte : « Si les dominants (mâles ou femelles) n'écoutent pas les avis des membres du groupe, ils dépensent une énergie considérable à essayer de les convaincre. Ils sont donc obligés d'être attentifs à l'état de chaque membre du groupe et à s'assurer de l'assentiment de chacun, sous peine que le groupe n'éclate. ».