Mes parents, des ménagers, étaient de ces familles qui vivent sur leur bien, au labeur de la terre, d'une génération à l'autre ! Les ménagers, au pays d'Arles, forment une classe à part : sorte d'aristocratie qui fait la transition entre paysans et bourgeois, et qui, comme toute autre, a son orgueil de caste. Car si le paysan, habitant du village, cultive de ses bras, avec la bêche ou le hoyau, ses petits lopins de terre, le ménager, agriculteur en grand, dans les mas de Camargue, de Crau ou d'autre part, lui, travaille debout en chantant sa chanson, la main à la charrue.