Aux yeux des plus aisés, qui avaient le plus à perdre, le salaire universel équivalait à réclamer des hausses d'impôts destinées à subventionner la foule des oisifs, des toxicomanes, des ivrognes et des médiocres. De toute façon, qu'est-ce qu'un robot ? Un modeste écran plat, un tracteur ? De mon point de vue, l'avenir, auquel je prêtais la grande attention, était déjà là. Presque trop tard pour se préparer à l'inévitable. C'était un cliché et un mensonge, de prétendre que le futur inventerait des emplois dont nous n'avions même pas idée. Quand la majorité de la population se retrouverait sans emploi et sans le sou, le chaos social suivrait à coup sûr. Mais avec nos revenus généreux versés par l'État, nous, les masses, pourrions-nous offrir le luxe de partager la même préoccupation que les riches durant des siècles avant nous : comment occuper notre temps ?