Mon fils, mon grand garçon, le temps passe trop vite. Tu renies notre amour, tu veux partir, déjà. Tu rêves que tu fuis, et qu'enfin tu nous quittes ; pourtant, pour t'accueillir, je serai toujours là. Tu t'enfonces, te perds dans une absurde errance, tu refuses d'emblée que l'on guide tes pas ; sache que pour t'aider, te redonner confiance ou bercer tes chagrins, je serai toujours là. Tu te crois malheureux, souvent tu te rebelles. Tu te venges d'un sort que tu dis bien ingrat. Mais la vie te sourit, passionnante et si belle… Pour te le rappeler, je serai toujours là.
Ma fille, mon enfant, comme le temps défile, comme cruellement s'envole la candeur ! Te voilà parvenue à l'âge difficile où l'on doute de tout, où l'on ferme son cœur. Tu ne me parles plus, tu fuis dans ton silence, et moi, sans le montrer, je souffre et te comprends ; car je revis avec une douleur intense mes erreurs de jeunesse à travers tes tourments. Je voudrais t'avouer mes soucis, mes problèmes, mes révoltes passées, mes vieux rêves déçus, pour t'aider à mûrir, à sortir de toi-même… Mais en tiendrais-tu compte et m'écouterais-tu ?