Les dictées issues des œuvres deIsabelle Eberhardt
1 dictéeTextes de Isabelle Eberhardt
Très tôt, il devint rêveur, dans le silence de la grande maison, au fond d'un immense jardin devenu une forêt où l'enfant aimait à se perdre pendant des heures. Les noisetiers, les sorbiers, les houx tristes avaient formé une brousse inextricable sous les arbres de haute futaie, les chênes puissants, les tilleuls élancés, les bouleaux délicats. Un étang dormait dans l'ombre, envahi de roseaux, avec tout le mystère troublant des eaux stagnantes. Les arbres s'échelonnaient sur une pente douce, masquant la vue. Puis, brusquement, ils finissaient, et c'était la grande Volga, large et lente qui coulait au soleil. Sur la rive gauche, c'était la steppe infinie, la steppe libre qui roulait sa houle d'herbes d'un horizon à l'autre.