On lit les premières descriptions d’épidémies dans des textes mésopotamiens et chinois d’il y a trois mille ans, se plaignant de dieux s’amusant à répandre des fléaux sur la terre, ou le faisant pour punir les hommes. Très tôt surgit ainsi l’idée que l’épidémie est envoyée par des dieux pour punir les hommes de leurs fautes. Et les puissants, religieux, militaires et politiques, s’empressent de culpabiliser leur peuple ou de chercher des boucs émissaires, pour éviter d’être mis en cause. Ils n’y réussissent pas toujours : les épidémies, en détruisant des familles, des villes, des peuples, en niant l’unicité de la vie et de la mort de chacun, accélèrent alors la disparition de dynasties, de religions et d’empires.