Qu'il fait bon chez vous, Maître Pierre, qu'il fait bon dans votre moulin ! Le froment vole dans la lumière et partout ça sent bon le grain. J'avais douze ans et j'étais haut comme trois pommes, en me voyant, vous me disiez d'un ton bonhomme : « Voyez-moi ce sacré petit drôle, le métier lui semble à son goût. Prends ce sac, mets-le sur l'épaule. » Qu'il fait bon chez vous, Maître Pierre ! Je me souviens de mes dix-huit ans. Votre fille était écolière que déjà moi, je l'aimais tant. Et quand, plus tard, je l'épousai, devenue grande, tout le village est venu danser dans la grange. Et toujours, de ses grandes ailes, le moulin continue tout doux le tic-tac de son cœur fidèle.