Les dictées issues des œuvres deJean-Christophe Rufin
1 dictéeTextes de Jean-Christophe Rufin
J'ai pris le TGV jusqu'à Hendaye. À vrai dire, à plus de deux-cents kilomètres à l'heure dans un wagon confortable, on se sent ridicule avec son équipement de pèlerin. Et quand le train repart, après vous avoir déposé sur le quai, on mesure l'anachronisme de son projet. Quel sens cela a-t-il, au XXIe siècle, de parcourir un tel chemin à pied ? La réponse n'est vraiment pas évidente. Mais on n'a guère le temps d'approfondir le sujet ; un vent froid balaie le quai désert, car la tiédeur du mois de mai se dissipe vite sous les bourrasques venues de l'Atlantique. Les autres voyageurs sont déjà partis, tirant allègrement leur petite valise à roulettes. On tasse un peu son barda mal ficelé, on le charge sur son dos. Il paraît déjà plus lourd qu'à la maison.