Les parents d'autrefois ne cherchaient pas midi à quatorze heures. Je veux dire qu'ils ne perdaient pas leur temps à scruter les états d'âme de leurs enfants. Ils les nourrissaient aussi bien qu'ils le pouvaient, leur achetaient des habits neufs, les conduisaient au cirque, déposaient des jouets dans leurs souliers à Noël. En contrepartie, les enfants acceptaient les lois tacites de la famille et de l'éducation : ils trouvaient légitime qu'on les punît quand ils faisaient des bêtises ou travaillaient mal à l'école. Bref, il y avait un contrat que tout le monde ou presque observait honnêtement. On ne rencontrait que les difficultés inhérentes à l'état de chacun : maman avait son petit caractère, Jacquot se révoltait vers l'âge de seize ans, Brigitte traversait une mauvaise passe quand elle devenait nubile. Quant à papa, il rentrait du bureau ou du travail un peu fatigué…