L'Islande est une terre âpre, lit-on quelque part, à peine habitable les mauvaises années. L'affirmation doit être juste, les montagnes colériques hébergent la mort en leur sein, le vent est impitoyable, le froid glacial et désespérant. Une terre âpre d'où les Islandais ont par deux fois été pour ainsi dire rayés de la carte par les famines, les épidémies, les éruptions, et dont Keflavík est sans doute la zone la plus hostile. Par comparaison, les campagnes de Biskupstungur ou du fjord de Skagafjörður ressemblent à des contrées bénies par les félicités célestes, baignées d'une douceur toute méridionale. Quand le poisson vient à manquer, il ne reste plus grand-chose vers quoi se tourner, le vent saturé d'iode gifle les habitants, l'eau potable se perd avec l'espoir dans les crevasses de lave et nulle part la distance mesurée entre ciel et terre n'est plus importante.