Les deux voyageurs arrivèrent le lendemain devant une immense étendue parsemée de fleurs multicolores, d'une exquise senteur. On en voyait de toutes les formes. Des corolles ressemblaient à des vases aux bords gracieusement recourbés ; des pétales s'étalaient comme des couronnes autour de fragiles étamines ; des tiges rampaient, d'autres s'élançaient verticalement ou s'enroulaient entre elles. Il y avait des fleurs souples comme des lanières, larges comme des mains, découpées comme des dentelles. En les fixant attentivement, on voyait des boutons s'entrouvrir mystérieusement comme de petits gouffres, des pétales s'écarter et s'épanouir comme des doigts qui s'étirent, des feuilles se déplier, des tiges monter du sol. Les fleurs avaient des teintes à la fois tendres et chaudes ; elles s'harmonisaient dans un ensemble lumineux.