On ne s’étonnera plus des contrastes du caractère irlandais quand on aura visité l’Irlande. L’exubérante gaieté, la profonde tristesse, l’ardente affection, les ressentiments brûlants, les haines et les amours des cœurs mobiles ne sont point sans une secrète harmonie avec les belles scènes de la nature changeante qui marient l’ombre et la lumière ; où les précipices escarpés froncent le sourcil au-dessus des glens paisibles ; où les torrents sauvages interrompent le cours des ruisseaux tranquilles ; où les bois sombres se reflètent dans le clair miroir des lacs ; où les vallées et les montagnes présentent le spectacle de l’abondance et de la stérilité ; où la terre et la mer se pénètrent et se mêlent sous un ciel capricieux, qui leur prodigue tour à tour le sourire de ses rayons et la rosée de ses larmes.