Le salon, ouvrant sur ce corridor, était d’une simplicité presque monacale. Il était grand, assez bas d’étage et entouré de sièges raides et froids. Autour des murs, quelques portraits de famille offraient d’honnêtes et parfois d’intelligentes physionomies des Martelac défunts, braves gens de moyenne condition qui s’étaient fait peindre, fiers et dignes, dans leurs habits de gala. On respirait dans cette pièce cette vague odeur de moisi et de renfermé, particulière aux anciennes maisons de province habitées depuis des siècles par des familles enserrées dans les humbles préoccupations d’une économie obligatoire ou voulue.