J’ai vécu peu de moments plus heureux. Réunis autour de la table, nous nous appliquions à dorer des noix, à plier des guirlandes en papier sur les indications de mon père aux mains habiles, à enfiler des flocons couverts de poudre argentée. Le soir de Noël, il n'y avait pas de clochette tintant derrière une porte close pour m'appeler auprès du sapin illuminé, j'étais là quand ma mère allumait les bougies et les bâtonnets à étincelles, je voyais comment des objets inertes, du papier, du fil d'argent et des boules de verre donnaient naissance à une fête au milieu des illuminations d'un arbre décoré. C'était la fête de la famille, de notre famille, de la sécurité.