Ce qui me frappe encore, c'est de trouver l'église archipleine et le recueillement parfait. Peu ou point de chapeaux : les hommes ont des casquettes et les femmes cachent les mèches folles de leurs cheveux sous des fanchons de laine. Près d'une crèche où un Jésus de cire dort entre un troupeau de moutons et les légendaires animaux de l'étable, quelques fidèles allument des petits cierges de deux sous que débite une marchande assise dans un fauteuil et qui offre aussi des Jésus de sucre, des croix en chocolat et des pères Noël poudrés de givre. C'est le bazar installé dans le temple, et la vendeuse de bimbeloteries religieuses mêle le côté ridicule de l'épicerie à des cérémonies qu'on voudrait imposantes.