L'épée est l'arme par excellence de la « chevalerie » au sens double des combattants aristocratiques et de leurs mentalités communes. Comme elle, elle est visible et invisible, artefact et symbole. S'aventurer dans son sens caché dévoile tout un pan des sensibilités médiévales, si différentes des nôtres. Qu'il suffise, pour s'en apercevoir, de songer à l'obsolescence programmée qui menace bien des produits industriels de nos sociétés soi-disant développées. Au jetable contemporain, les médiévaux préfèrent l'entretien et la transmission, siècle après siècle, de l'objet manufacturé. L'épée, polie et affûtée avec soin et constance, conservée avec les égards dus à un bijou et léguée en héritage, appartient à la mémoire même de chaque lignage. Le Moyen Âge lui attribue une vraie entité, une libre autonomie et une forte personnalité. Cette altérité médiévale questionne notre société de consommation à outrance et son abus des ressources de la planète.