Les dictées issues des œuvres deMaurice Carême
2 dictéesTextes de Maurice Carême
Bien que je sois très pacifique, ce que je pique et pique et pique, se lamentait le hérisson. Je n'ai pas un seul compagnon. Je suis pareil à un buisson, un tout petit buisson d'épines qui marcherait sur des chaussons. J'envie la taupe, ma cousine, douce comme un gant de velours émergeant soudain des labours. Il faut toujours que tu te plaignes, me reproche la musaraigne. Certes, je sais me mettre en boule ainsi qu'une grosse châtaigne, mais c'est surtout lorsque je roule plein de piquants, sous un buisson, que je pique, et pique et repique, moi qui suis si, si pacifique, se lamentait le hérisson.
Minuit. Voici l'heure du crime. Sortant d'une chambre voisine, un homme surgit dans le noir. Il ôte ses souliers, s'approche de l'armoire sur la pointe des pieds et saisit un couteau dont l'acier luit, bien aiguisé. Puis, masquant ses yeux de fouine avec un pan de son manteau, il pénètre dans la cuisine et, d'un seul coup, comme un bourreau avant que ne crie la victime, ouvre le cœur d'un artichaut.