Les dictées issues des œuvres deMaurice Fombeure
1 dictéeTextes de Maurice Fombeure
Dans mon village, tous les habitants (ou presque) sont affublés d'un sobriquet. L'esprit poitevin est malicieux. On a vite fait d'observer, de souligner et d'exprimer (parfois pour plusieurs générations) les travers, les manies ou la démarche de l'un de ses concitoyens. Il y aurait toute une étude à faire là-dessus, mais nous ne nous y attarderons pas. En tout cas, ces sobriquets sont, pour la plupart, admirablement choisis et parfaitement adaptés à ceux qui les portent. Pensez qu'un vieux journalier de misère était surnommé Peine-à-gain. Car il peinait beaucoup, mais ne gagnait guère. L'un des Pradeaux, dont la mule mettait quatre heures pour se rendre à Châtellerault, c'est-à-dire pour abattre ses quinze kilomètres, était dit : Pradeaux Lanterne, c'est-à-dire le traînard, le lambin, car lanterner, c'est lambiner, et lambiner, c'est lanterner.