D’abord, l’odeur grimpait l’escalier, et c’est elle qui me réveillait dans mon lit : le café noir, cuit et recuit, aux effluves de caramel brûlé pour la raison qu’il chauffait en permanence sur la fonte de la cuisinière à bois. Mon père nourrissait le fourneau avec des bûchettes et des rondins qu’il fendait dans la cave. J’entendais les coups sourds qui venaient de derrière les murs, étouffés, réguliers, cadencés. L’odeur était humide, la terre battue. Les bras de mon père étaient puissants, sa force m’impressionnait, elle contrastait avec son calme et sa douceur.
La zoonose valide les thèses de Darwin : il n’existe pas des différences de nature entre l’homme et l’animal, mais des différences de degrés. D’autres maladies ont montré que de la vache, du mouton ou du porc à l’homme il n’y avait qu’un pas. C’est donc la proximité des animaux et des hommes qui est en cause. Quand chacun vivait chez soi, les animaux dans la nature, les hommes dans les villages, puis les villes, les relations étaient limitées, les contaminations restaient locales. La déforestation réduit l’espace vital des animaux, elle augmente donc la promiscuité entre les humains et leurs semblables dépourvus de vêtements.