De ces années, je garde le souvenir de belles relations de voisinage, malgré le manque de maîtrise de la langue par nos parents. Je me rappelle des voisines françaises qui invitaient maman pour le goûter, des confitures et tartes qu'elles nous offraient. À son tour, maman apportait des pâtisseries marocaines pendant les fêtes musulmanes, ainsi qu'une assiette de couscous tous les vendredis à la vieille dame du rez-de-chaussée. Le mois de ramadan est attendu avec impatience par nos amis ; ils savent que maman va les régaler. Je me souviens aussi des pères ouvriers de mes camarades. Arborant leur bleu de travail avec fierté, ils distribuent (je les vois encore) les tracts de leur syndicat, jouent à la pétanque les samedis après-midi, organisent les kermesses de l'école et les bals musettes. Mes parents apprécient de regarder les couples danser assis sur le banc…