Deux médecins n'étaient pas d'accord sur la manière dont devait être cuite une pomme qu'ils venaient de prescrire à un malade. Tous deux avaient ordonné qu'elle fût cuite sous la cendre ; mais l'un prétendait qu'il fallait la faire cuire enveloppée d'un papier gris, et l'autre la voulait cuire enveloppée d'une feuille de vigne. Le dernier montra avec beaucoup d'éloquence les grands avantages que le malade retirerait des qualités de la feuille de vigne qui s'insinueraient dans la pomme ; l'autre dit encore de plus belles choses au sujet du papier gris. Mais comme leurs dissertations ne finissaient pas, ils terminèrent à l'amiable leur différend avec quelques volées de coups de canne. Et la pomme fut cuite sans papier gris ni feuille de vigne.
Quatre mouches cherchaient à déjeuner. L'une d'elles trouve des confitures et s'en régale, mais les confitures étaient falsifiées et la pauvre mouche mourut dans d'atroces souffrances. La seconde, voyant cela, résolut d'éviter les friandises et se contenta de miettes de pain, mais il y avait de l'alun dans ce pain, et elle alla rejoindre sa compagne. La troisième se rejeta sur un verre de bière, mais cette bière contenait de l'aloès et la mouche succomba aussi. La dernière, restée seule, et voyant que la vie était impossible sur terre, où tout était à ce point falsifié, résolut de se suicider. Elle trouva justement un papier sur lequel était imprimé en grosses lettres : papier tue-mouches. Mais, chose étrange, plus elle mangeait de ce papier, mieux elle se portait. Le papier tue-mouches était lui-même falsifié.