Il y a quelques mois, souvenez-vous : la situation pour n'être pas pire que celle d'aujourd'hui n'en était pas meilleure non plus ! Déjà, nous allions vers la catastrophe et nous le savions… Nous en étions conscients ! Car il ne faudrait pas croire que les responsables d'hier étaient plus ignorants de la situation que ne le sont ceux d'aujourd'hui ! Oui ! La catastrophe, nous le pensions, était pour demain ! C'est-à-dire qu'en fait elle devait être pour aujourd'hui ! Si mes calculs sont justes ! Or, que voyons-nous aujourd'hui ? Qu'elle est toujours pour demain ! Alors, je vous pose la question, Mesdames et Messieurs : Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire le jour même que nous l'éviterons ? D'ailleurs, je vous signale que si le gouvernement actuel n'est pas capable d'assurer la catastrophe, il est possible que l'opposition s'en empare !
Parce qu'on m'a demandé de faire un discours, je vous signale tout de suite, Mesdames et Messieurs, que je vais parler pour ne rien dire. Oh, je sais ! Vous pensez : « S'il n'a rien à dire, il ferait mieux de se taire ! » Ouais, c'est trop facile, mais c'est trop facile ! Vous voudriez que je fasse comme ceux qui n'ont rien à dire et qui le gardent pour eux ? Non ; Mesdames et Messieurs, moi, quand je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache ! Je veux en faire profiter les autres ! Et si vous-mêmes, Mesdames et Messieurs, vous n'avez rien à dire, eh bien, on en parle, on en discute ! Je ne suis pas ennemi du colloque.
Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche ; quand l'un avance, l'autre veut le dépasser et moi, comme un imbécile, je marche !