Ma grand-mère maternelle était une femme assez extraordinaire, surtout lorsqu'il s'agissait de son jardin. Elle laissait la nature faire son œuvre. En toutes circonstances, elle laissait faire. Le lierre dévorait petit à petit son arbre préféré ? Elle laissait faire. De gros corbeaux chassaient ses mésanges adorées ? Elle laissait faire. La nature était, pour elle, un spectacle lent qu'elle regardait tranquillement. Elle ne voulait être qu'une spectatrice, aussi passive qu'admirative. Ce n'est qu'en grandissant que j'ai compris que l'originalité de cette vieille dame qui me nourrissait de chocolat résidait dans sa relation avec la nature. Rares sont ceux qui préfèrent être spectateurs plutôt qu'acteurs. En règle générale, admettons-le, la nature, on la combat.