J'ai retrouvé mes petits genévriers, tordus, piquants roussis, cramponnés aux rochers comme des acrobates. Ah ! Le bleu d'outremer de leurs petites baies le long des couchants écarlates ! Ils se hérissent, ronds ou si déchiquetés que tout le ciel traverse leurs petits corps fantasques. Le gazon ras joue au tapis de Perse mais le vent s'y jette en bourrasque. Ici, les lièvres et les chèvres échappent aux hommes d'en bas. Ici bleuissent les genièvres pour l'oiseau que l'on ne voit pas. Petit grain bleu, sauvage, amer, semé parmi les toisons rousses d'arbres nains que l'hiver rebrousse comme les oursins dans la mer.