Historiquement, on a distingué deux modèles en matière de protection sociale. D'un côté, le modèle « bismarckien », fondé sur le principe d'assurances sociales, où des cotisations servent à couvrir un risque social. De l'autre, le modèle « beveridgien », où un impôt finance une prestation uniforme pour tous les individus. Dans le modèle bismarckien, les salariés et les employeurs participent au pilotage du système alors que le modèle beveridgien est géré par l'État. Pour autant, il est difficile d'affirmer que l'un ou l'autre est plus protecteur ou plus libéral. Si les économies les plus libérales, peu protectrices, sont dites « beveridgiennes », il n'en reste pas moins que la Suède et le Danemark le sont aussi, mais avec des prestations uniformes plus élevées (c'est moins vrai aujourd'hui). La France, avec une retraite complémentaire bismarckienne et des minima sociaux beveridgiens, est qualifiée de « mixte ».