Les dictées issues des œuvres deSœur de Charité de Gand
2 dictéesTextes de Sœur de Charité de Gand
Nous arrivons à une clairière : c'est le potager où l'on essaye patiemment choux, carottes, navets et autres légumes, ainsi que le tabac. Les salades, les tomates et les radis sont les plus faciles à réussir ; mais tout cela demande de grands soins d'arrosage. Les enfants ont sorti de l'eau les grands sacs d'où elles retirent les carottes de manioc, pour les déposer dans des tombereaux ou des corbeilles, sur des feuilles de bananier. Rien de frais et de joli comme ces feuilles qu'on vient de laver : on dirait du papier de soie vert émeraude. Les sacs vidés, les travailleuses se jettent dans l'eau jusqu'au-dessus de la tête.
Inutile de vous parler de la beauté et de la largeur de l'incomparable fleuve. Le bateau vogue constamment à quelques mètres de la rive droite, longeant les grands arbres dont le feuillage, poudreux pendant cette saison, contraste avec la fraîche verdure des plantes rampantes qui se baignent dans l'eau. On serait tenté d'attirer à soi une branche flottante, mais gare ! Il peut y avoir là-dessous autre chose que des canards sauvages. Pif, paf ! Notre capitaine tue raide un crocodile qui témoignait une certaine envie de faire notre connaissance. Plus loin, c'est un hippopotame ; mais le monstre n'apparaît qu'une seconde pour replonger dans les profondeurs du Congo.