Fébrile, la mère de Mona téléphona au médecin de famille. Elle décrivit confusément les pupilles voilées de sa fille et précisa, parce que le docteur le lui demandait, qu'elle ne semblait souffrir d'aucun trouble de langage, ni de paralysie. Cela ressemble à un AIT, lâcha-t-il, sans vouloir se prononcer davantage. Il exigea dans l'immédiat de fortes doses d'aspirine et, surtout, l'acheminement en urgence de Mona à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu, où il appellerait un confrère pour une prise en charge instantanée. Il ne pensait pas à lui par hasard : c'était un pédiatre formidable, réputé par ailleurs pour être un très bon ophtalmologue et, accessoirement un hypnothérapeute de talent. Normalement, conclut-il, la cécité ne devrait pas excéder dix minutes, et il raccrocha. Il s'était déjà écoulé un bon quart d'heure depuis le premier cri d'alarme.