Les dictées issues des œuvres deWilliam Chapman
2 dictéesTextes de William Chapman
Salut, beau jour doré ! Salut, Premier de l'An ! Toujours, quand tu parais, dans un joyeux élan nous saluons ta bienvenue ; car alors notre ciel, sombre naguère encor, sous ton souffle si pur, devient de pourpre et d'or ; car la splendeur est dans la nue ! Comme le naufragé, longtemps perdu sur mer, à la merci des vents, des flots, du gouffre amer, oublie, en abordant la plage, tout ce qu'il endura des rigueurs du destin, ainsi nous oublions, à ton premier matin, que bien des fois gronda l'orage. Toujours, quand tu parais, jour serein, gracieux, un long cri d'allégresse éclate sous les cieux, de la bouche de l'espérance ; car tu fais taire alors toutes plaintes du cœur.
La Toussaint. Le jour froid et livide agonise. La pluie, en lourds filets, choit des cieux éplorés ; et dans sa vieille tour la cloche de l'église se lamente en de longs et sourds misérérés. Avec une clameur lugubre la mer brise ; de grands oiseaux plaintifs s'abattent sur les prés ; les ormes du chemin, flagellés par la bise, poussent vers les passants des cris désespérés. Les défunts, réveillés au fond des cimetières, depuis de longs instants demandent des prières par la voix de l'airain, des arbres aux abois. Et, parmi tous les bruits rauques de la tourmente qui soulève les flots et fait craquer les toits, toujours plus tristement la cloche se lamente.