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Les dictées issues des œuvres deAgatha Christie

6 dictées
Textes de Agatha Christie

Hercule Poirot mit toute son application à ne point mouiller ses moustaches dans le potage. Ayant réussi ce tour de force, il promena son regard, autour de lui, en attendant le service suivant. Il n'y avait qu'une demi-douzaine de personnes dans la salle, et parmi elles deux hommes seulement éveillèrent l'attention d'Hercule Poirot. Ces deux hommes étaient assis à une table voisine de la sienne. Le plus jeune, de toute évidence un Américain, était un charmant garçon d'une trentaine d'années. Ce n'était pas lui, mais plutôt son compagnon qui suscitait l'intérêt du petit détective. Il paraissait âgé de soixante à soixante-cinq ans, et, à distance, offrait l'aspect bienveillant d'un philanthrope.

Un jeune lieutenant français, en uniforme élégant, couvert d'un épais manteau, conversait avec un petit homme emmitouflé jusqu'aux oreilles et dont on n'apercevait que le bout du nez rouge et deux fortes moustaches relevées en croc. Par ce froid glacial, accompagner au train un étranger d'importance n'offrait rien d'enviable, mais le lieutenant Dubosc s'acquittait de cette corvée avec une bonne grâce parfaite et prodiguait au voyageur des amabilités en un langage des plus châtiés. Le jeune officier ne savait pas au juste de quoi il s'agissait. De vagues rumeurs avaient circulé dans la garnison. Le général, son général, s'était montré pendant quelques jours d'humeur massacrante, jusqu'à l'arrivée de ce Belge qui avait fait tout exprès pour cette occasion le voyage d'Angleterre en Syrie.

C'était une vieille maison. Toutes les maisons de la place étaient vieilles, pétries de cette très digne et très méprisante ancienneté que l'on rencontre communément dans les villes épiscopales. Mais cette maison faisait figure d'ancêtre parmi les ancêtres. Elle possédait une solennité toute patriarcale. Elle s'élevait, plus grise encore que les plus grises, plus arrogante que les plus arrogantes, plus glaciale que les plus glaciales. Austère, sinistre, empreinte de la désolation qui s'attache aux demeures inoccupées depuis longtemps, elle régnait sur ses voisines. Dans toute autre ville, on ne se serait pas gêné pour la dire hantée. Mais Weyminster n'aimait pas les fantômes : ceux-ci n'avaient droit de cité que dans les grandes familles du comté.

Les services d'un détective privé me seraient nécessaires car, pour des raisons que je vous indiquerai plus tard, je ne désire pas avoir recours à la police officielle. J'ai entendu parler de vous à plusieurs reprises, et tous ces témoignages me portent à croire que vous êtes non seulement un homme d'une grande habileté, mais également un homme discret. Je préfère ne pas en confier les détails à la poste, mais, en un mot, je détiens un secret qui me fait craindre tous les jours pour ma vie. Convaincu de l'imminence du danger, je vous prie instamment de venir en France dans les délais les plus brefs. Si vous voulez bien me télégraphier l'heure de votre arrivée, j'enverrai une voiture vous chercher à Calais.

J'ai déjà décrit Hercule Poirot à maintes reprises. L'étonnant individu ! Un mètre soixante, une tête en forme d'œuf légèrement penchée de côté, des yeux brillant d'un éclat vert quand il est en proie à l'émotion, une moustache de style militaire et un air de parfaite dignité. D'apparence soignée, recherchée même, il éprouve pour l'ordre sous toutes ses formes une passion exclusive. Un bibelot posé de travers, le moindre grain de poussière, le plus léger désordre dans vos vêtements sont pour le cher homme une véritable torture. Il affecte un certain dédain pour les preuves tangibles, telles que les empreintes de pas ou les cendres de cigarette. Il prétend qu'en elles-mêmes, elles ne suffisent jamais au détective pour résoudre un problème. Puis il tapote non sans complaisance son crâne ovoïde.

Tout en déjeunant, Miss Marple songea à la manière dont elle passerait sa journée. À la vérité cela ne demandait pas beaucoup de réflexion. Elle se lèverait quand bon lui semblerait, ne se hâtant pas à cause de la chaleur et de ses doigts devenus malhabiles. Puis, elle se reposerait environ dix minutes, prendrait son tricot et se rendrait sans se presser à l'hôtel où elle choisirait l'endroit où elle s'installerait, sur la terrasse face à la mer, ou sur la plage d'où elle pourrait contempler les nageurs et les enfants. D'ordinaire, elle optait pour la plage. Dans l'après-midi, après sa sieste, peut-être irait-elle faire un tour en voiture. En bref, aujourd'hui serait un jour comme les autres.

Dictées gratuites de Agatha Christie
Les deux hommes
Les deux hommes
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Source : Le Crime de l'Orient-Express
Le lieutenant
Le lieutenant
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Source : Le Crime de l'Orient-Express
Une vieille maison
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Source : Le Flambeau
La lettre
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Source : Le Crime du golf
Le portrait d'Hercule Poirot
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Source : Le Crime du golf
Un jour comme les autres
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Source : Le Major parlait trop
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