❤️ Nous avons besoin de votre aide : l'accès au site est (et restera) gratuit et sans publicité, soutenez-nous en devenant un bienfaiteur
Retour

Les dictées issues des œuvres deChristian Signol

4 dictées

Textes de Christian Signol

L’été dernier, quand nous sommes remontés là-haut avec Lucas, nous avons dû nous battre avec les ronces.

Il y eut un long frisson sur le troupeau assoupi dans le pâle soleil. Le chien se dressa, le poil hérissé, gémit, se mit à trembler. Deux clochettes tintèrent. Assise sur son tabouret portable où elle lisait un roman, Jeanne sursauta et leva les yeux. Des langues de neige gelée tapissaient encore les versants exposés au nord. Quelques médailles blanches, que ressuscitait le gel des matins, demeuraient accrochées aux branches hautes, aiguisées par les rayons du soleil. Le regard de Jeanne courut le long de la lisière de la forêt que les pins et les chênes disputaient aux douglas et aux épicéas. Elle l'aperçut, immobile, tendu sur ses pattes avant, le pelage gris mais plus clair sur le ventre, noir sur l'échine, les oreilles rondes, la queue courte, figé dans une expectative aussi féroce que son regard fixe qui, sans aucun doute, évaluait les risques d'une éventuelle attaque.

Là-haut, ce n'est pas seulement la désolation du plateau qui fait peur, mais la folie de ses roches qui ignorent le silence : elles se querellent, se battent avec le vent qui veut les faire taire et ne parvient qu'à les exaspérer. Ce sont de grands blocs qui gîtent là depuis que le monde est monde, et auxquels on ne peut pas raconter d'histoires. Ce sont eux qui les racontent, les histoires, mais il vaudrait mieux ne pas les entendre. D'ailleurs personne, ou presque, ne les entend, sinon quelques âmes dolentes qui ne s'interrogent plus sur rien, ni sur le fait d'être là, d'y vivre et d'y mourir, pour aller où, après, quelle importance quand on s'est mesuré aux étoiles, quand on a passé outre aux dévastations de l'existence, aux jours de grand silence, aux nuits de grandes peurs ?

L’été dernier, quand nous sommes remontés là-haut avec Lucas, nous avons dû nous battre avec les ronces. Elles avaient envahi les venelles, les murs écroulés, le bord des chemins, et même le seuil des deux marches qui donnent accès à la demeure que nous avons habitée si longtemps, ma famille et moi, avant de la quitter, l’âge venu. Le hameau était désert, silencieux, alors que je l’avais connu vivant, bruissant des clarines et des moissonneuses, confiant dans ses maîtresses pierres de granit brut, ses toits de lauzes grises qui avaient défié le temps.

Dictées gratuites de Christian Signol

La broussaille reprend ses droits
La broussaille reprend ses droits
La broussaille reprend ses droits
Source : Même les arbres s'en souviennent
Le loup
Le loup
Le loup
Source : D'une beauté sauvage
Au sommet du Méjean
Au sommet du Méjean
Au sommet du Méjean
Source : Une vie de lumière et de vent
Le hameau et les ronces
Le hameau et les ronces
Le hameau et les ronces
Source : Même les arbres s'en souviennent

🚀 Pour aller plus loin

❤️
Bienfaiteur

Soutenez-nous en devenant
un bienfaiteur

📝
Créateur

Créez des dictées et jeux de mots

🎓
Éducation

Un outil pédagogique
dédié à l'enseignement