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Les dictées issues des œuvres deDaphné du Maurier

3 dictées
Textes de Daphné du Maurier

Au-delà régnaient le spectral et l'intangible ; seuls la roche usée, la sensation du sol, le bruit des vagues qui se fracassaient contre les falaises étaient vrais. C'était le credo de cet humble peuple de pêcheurs ; ils disposaient leurs filets le jour, et ils jasaient le soir sans jamais une pensée pour ces terres de l'autre côté de la mer. À l'aube, les hommes partaient pour la pêche, et quand leurs filets étaient pleins ils s'en retournaient sur l'île et gravissaient le sentier raide qui menait aux champs pour travailler le sol avec une patience stoïque. Les maisonnettes étaient regroupées au bord de l'eau, et une famille entière disposait rarement de plus de deux pièces. C'était là que les femmes courbées sur l'âtre cuisinaient et reprisaient les vêtements de leur mari, bavardant paisiblement de l'aube au crépuscule.

Ceux qui quittaient l'île ne réapparaissaient jamais. Même les quelques navires qui rendaient visite si rarement à l'île ne repassaient pas. On aurait presque dit que l'endroit n'existait pas, que l'île était un rêve, un fantasme issu de l'esprit d'un marin, surgissant de la mer à minuit comme un défi à la réalité avant de disparaître dans l'écume et la brume de l'oubli, souvenir à demi conscient qui referait brièvement surface des années plus tard pendant quelques secondes d'étonnement comme une pensée morte dans un cerveau poussiéreux. Mais pour les gens de Saint Hilda, l'île était réelle, et c'étaient les navires qui allaient et venaient tels des fantômes. Il n'y avait que l'île.

C'était un peuple paisible, ces gens de Saint-Hilda, nés pour une existence calme et sans souci, une existence aussi monotone que le ressac des vagues sur le rivage. Ils ne savaient rien du monde au-delà de l'île, et pour eux il n'y avait pas d'événements plus considérables que la naissance, la mort et le passage des saisons. Leurs vies étaient exemptes de grandes émotions et de grands chagrins ; leurs désirs ne s'étaient jamais réveillés, ils demeuraient prisonniers de leur âme. Ils vivaient aveugles, heureux, comme des enfants, contents de marcher à tâtons dans le noir sans jamais chercher à connaître ce qu'il y avait par-delà les ténèbres. Quelque intuition secrète leur soufflait que cette ignorance abritait une sécurité, un bonheur qui n'était jamais sauvage ni triomphant, mais paisible et silencieux.

Dictées gratuites de Daphné du Maurier
Île Saint Hilda 2/2
Île Saint Hilda  2/2
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Source : La poupée
Île Saint Hilda 1/2
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Source : La poupée
Les gens de Saint-Hilda
Les gens de Saint-Hilda
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Source : La poupée
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