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Les dictées issues des œuvres deEmma Valladon

4 dictées
Textes de Emma Valladon

Au premier rayon de soleil de mai, quand les asperges et les petits pois sortent de terre, quand les pianistes et les femmes aux chiens verts partent pour les eaux d'Allemagne, nous quittons l'Alcazar et nous nous installons aux Champs-Élysées. Ces concerts en plein vent sont très fatigants pour les artistes ; il faut donner toute sa voix, et dominer le bruit des nombreuses voitures qui roulent vers le bois de Boulogne. Aux Champs-Élysées, le public n'est plus le même ; quelques fanatiques nous suivent, c'est vrai, mais la masse des spectateurs a d'autres allures. Tout autour de nous, nous entendons parler toutes les langues connues et inconnues, car tous les étrangers visitent les cafés chantants des Champs-Élysées.

Je suis une enfant de Paris ; la cité Riverin, rue de Bondy, fut mon berceau. Ma mère était une brave femme du peuple qui ne connaissait de l'humanité que son pauvre ménage. Tout ce qui était en dehors des quatre murs de notre obscur logement ne l'intéressait guère. Mon père, un humble musicien, s'en allait jouer du violon dans tous les bals où il trouvait du pain pour sa famille. Sa plus grande joie était de m'entendre chanter les airs qu'il jouait sur son violon et qu'il me faisait répéter pendant des heures entières. Il est vrai que je ne lui donnais pas beaucoup de travail, car il suffisait qu'il me jouât trois ou quatre fois le même air pour que je le retinsse.

Pour arriver à la salle à manger, il fallait traverser l'antichambre, qui n'était séparée de la cuisine que par un rideau dont la couleur s'était perdue dans les émanations des fourneaux. Le rideau n'était jamais fermé tout à fait, et l'on apercevait, au fond, les formes d'un être qui ressemblait à une femme par les vêtements, mais qui avait les mouvements carrés d'un maréchal-des-logis-chef de cuirassiers. C'était la ménagère. Elle s'appelait Clémence. Clémence tout court. À la voir occupée à ses casseroles, noyée dans une demi-teinte, le visage éclairé par la lueur du charbon, on eût dit une figure fantastique, quelque chose comme une sorcière de Macbeth, préparant une boisson infernale.

Je fus tirée de mes rêveries par un voyageur qui essayait d'entamer la conversation. C'était un homme de quarante ans environ. Il portait sur la tête une calotte turque. Son paletot était en velours noir, que l'âge avait blanchi comme la chevelure du voyageur. Autour du cou, une cravate multicolore retombant sur sa poitrine, et ornée d'un diamant de la grandeur d'une pièce de cinq francs en or. Un vrai diamant de cette taille vaudrait un million. Mais l'homme qui aurait les moyens de mettre cinquante mille livres de rente à sa cravate ne voyagerait assurément pas en troisième classe. Il ne faut pas être doué d'un bien grand talent d'observation pour arriver à cette conclusion.

Dictées gratuites de Emma Valladon
Les concerts en plein vent
Les concerts en plein vent
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Source : Mémoires de Thérésa
Une enfant de Paris
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Source : Mémoires de Thérésa
Clémence
Clémence
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Source : Mémoires de Thérésa
Le voyageur
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Source : Mémoires de Thérésa
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