Je suis une enfant de Paris ; la cité Riverin, rue de Bondy, fut mon berceau. Ma mère était une brave femme du peuple qui ne connaissait de l'humanité que son pauvre ménage. Tout ce qui était en dehors des quatre murs de notre obscur logement ne l'intéressait guère. Mon père, un humble musicien, s'en allait jouer du violon dans tous les bals où il trouvait du pain pour sa famille. Sa plus grande joie était de m'entendre chanter les airs qu'il jouait sur son violon et qu'il me faisait répéter pendant des heures entières. Il est vrai que je ne lui donnais pas beaucoup de travail, car il suffisait qu'il me jouât trois ou quatre fois le même air pour que je le retinsse.