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Les dictées issues des œuvres deJohn Steinbeck

5 dictées
Textes de John Steinbeck

Le soleil s'étendait sur l'herbe et la réchauffait, et dans l'ombre protectrice, les insectes s'agitaient, fourmis, fourmis-lions pour leur tendre des pièges, sauterelles pour bondir dans l'air et faire palpiter une seconde leurs ailes jaunes, cloportes semblables à de minuscules tatous, sans cesse en mouvement sur leurs pattes nombreuses et fragiles. Et sur l'herbe, au bord de la route, une tortue rampait, se détournant sans raison, traînant sur l'herbe le dôme de sa carapace. Elle ne marchait pas vraiment, elle halait, hissait sa carapace. Les barbes d'orge glissaient sur son écaille et les graines de trèfle tombaient sur elle et roulaient par terre. Son bec corné était entrouvert et ses yeux cruels et ironiques sous leurs sourcils en forme d'ongles regardaient droit devant eux.

Au soir d'un jour très chaud, une brise légère commençait à frémir dans les feuilles. L'ombre montait vers le haut des collines. Sur les rives sablonneuses, les lapins s'étaient assis, immobiles, comme de petites pierres grises, sculptées. Et puis, du côté de la grand-route, un bruit de pas se fit entendre, parmi les feuilles sèches des sycomores. Furtivement, les lapins s'enfuirent vers leur gîte. Un héron guindé s'éleva lourdement et survola la rivière de son vol pesant. Toute vie cessa pendant un instant, puis deux hommes débouchèrent du sentier et s'avancèrent dans la clairière, au bord de l'eau verte. Ils avaient descendu le sentier à la file indienne, et, même en terrain découvert, ils restaient l'un derrière l'autre. Ils étaient vêtus tous les deux de pantalons et de vestes en serge de coton bleue à boutons de cuivre.

Sur les herbes du bord de la route une tortue rampait, traînait le dôme de sa carapace : ses pattes dures et ses griffes jaunes fendaient lentement les herbes. Son bec écailleux était entrouvert, et ses yeux farouches et amusés regardaient droit devant. Elle progressait sur les herbes en laissant derrière elle un sillage aplati, et la colline, qui était en réalité le remblai de la route, se dressait devant elle. La tortue s'arrêta un moment et leva la tête. Elle cligna des paupières en étudiant la pente. Enfin, elle entama son ascension. Les pattes avant tendaient leurs griffes mais n'attrapaient rien. Les pattes arrière poussaient la carapace qui raclait les herbes et le gravier. Plus la pente s'escarpait, plus les efforts de la tortue devenaient désespérés. Les pattes arrière patinaient en poussant la carapace de toutes leurs forces. Centimètre par centimètre, la carapace gravit le talus.

Chez les premiers arrivants dans l'ouest, et en particulier ceux qui venaient des petites fermes d'Europe jalousement défendues et cadastrées, la vue de toute cette terre, que l'on pouvait acquérir en signant un papier et en y bâtissant sa maison, éveilla une furieuse folie de propriété. Ils voulaient de la terre, bonne si possible, mais de la terre avant tout. Peut-être se rappelaient-ils inconsciemment que la puissance des féodaux était basée sur la propriété terrienne. Les premiers arrivés prirent des terres dont ils n'avaient pas besoin et qu'ils ne pouvaient cultiver, des terres sans valeur pour le seul plaisir de les posséder. Et tous les rapports changèrent. Un homme, qui aurait vécu à l'aise sur dix arpents en Europe, menait une vie de chien sur deux-mille arpents en Californie.

Il y a un sentier à travers les saules et parmi les sycomores, un sentier battu par les enfants qui descendent des ranches pour se baigner dans l'eau profonde, battu par les vagabonds qui, le soir, descendent de la grand-route, fatigués, pour camper sur le bord de l'eau. Devant la branche horizontale et basse d'un sycomore géant, un tas de cendre atteste les nombreux feux de bivouac ; et la branche est usée et polie par tous les hommes qui s'y sont assis. Au soir d'un jour très chaud, une brise légère commençait à frémir dans les feuilles. Sur les rives sablonneuses, les lapins s'étaient assis, immobiles, comme de petites pierres grises, sculptées. Un bruit de pas se fit entendre, parmi les feuilles sèches des sycomores. Furtivement, les lapins s'enfuirent vers leur gîte. Toute vie cessa pendant un instant.

Dictées gratuites de John Steinbeck
La tortue
La tortue
La tortue
Source : Les Raisins de la colère
La clairière
La clairière
La clairière
Source : Des souris et des hommes
La tortue
La tortue
La tortue
Source : D'après Les raisins de la colère
Californie
Californie
Californie
Source : À l'est d'Éden
Le sentier
Le sentier
Le sentier
Source : Des souris et des hommes
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